Parmi les grands favoris de la CAN 2026, le Sénégal avance encore sans avoir totalement convaincu. Qualifiés pour les quarts de finale, les Lions de la Teranga disposent d’un potentiel exceptionnel, mais peinent à livrer un match référence depuis le début de la compétition. Le choc à venir face au Mali pourrait bien marquer un tournant décisif dans leur tournoi.
Un parcours solide, mais sans domination totale
Comme l’a rappelé Iliman Ndiaye avant le huitième de finale face au Soudan, confirmé ensuite par Sadio Mané, « chaque match de la CAN est difficile ». Le Sénégal en a fait l’expérience. Menés dès la sixième minute par le Soudan, les hommes de Pape Thiaw ont dû renverser la situation grâce à un doublé de Pape Gueye, avant de sceller la victoire (3-1) par Ibrahim Thiam.
Si le succès inaugural face au Botswana (3-0) avait laissé entrevoir de belles promesses, il avait aussi révélé un manque d’efficacité offensive persistant. Le nul frustrant contre le Congo (1-1), puis la victoire maîtrisée mais imparfaite face au Bénin (3-0), entachée par l’expulsion de Kalidou Koulibaly, confirment une constante : le Sénégal gagne, mais sans écraser.
Quel schéma tactique face au Mali ?
Face à un Mali solide et bien organisé, annoncé en 4-3-3 avec Lassana Coulibaly en sentinelle et Lassine Sinayoko en pointe, Pape Thiaw pourrait reconduire le même système. Déjà utilisé face au Soudan, ce schéma offre une assise défensive renforcée, au détriment d’un potentiel offensif pourtant impressionnant.
Le trio Gana Gueye – Pape Gueye – Habib Diarra apporte une densité précieuse au milieu, capable de résister à l’impact physique malien. Un choix pragmatique, assumé par le sélectionneur :
« Tous les joueurs sont compétitifs, on verra en fonction de l’adversaire. Le plus important, c’est que chacun soit prêt à donner le meilleur. »
Sadio Mané, toujours indispensable
À 33 ans, Sadio Mané reste le guide naturel de cette sélection. Véritable légende vivante de la CAN avec 18 buts et 9 passes décisives, il monte clairement en puissance. Buteur salvateur face au Congo, passeur décisif à deux reprises contre le Soudan, le capitaine sénégalais incarne l’expérience et la sérénité dans les moments clés.
Pape Thiaw ne s’y trompe pas :
« Sans le doublé de Pape Gueye, Sadio aurait été l’homme du match. Il est exceptionnel depuis le début du tournoi. »
Nicolas Jackson, le facteur X
Le chantier offensif reste toutefois une préoccupation majeure. Nicolas Jackson, attendu comme le finisseur principal, n’a pas encore répondu aux attentes. Après un doublé face au Botswana, l’attaquant du Bayern Munich est resté muet contre le Congo et le Soudan.
Le quart de finale face au Mali pourrait être le match du déclic. Le Sénégal a besoin d’un tueur dans la surface, capable de convertir sa domination. En cas de nouvelle prestation décevante, la concurrence de Habib Diallo et Chérif Ndiaye, déjà décisifs face au Bénin, pourrait s’intensifier.
Talentueuse, expérimentée et ambitieuse, la sélection sénégalaise se présente en quart de finale avec des certitudes… mais aussi des interrogations. Face à un Mali discipliné et redoutable, les Lions de la Teranga devront enfin rugir collectivement. Ce match pourrait bien révéler si le Sénégal est prêt à assumer pleinement son statut de favori, ou s’il lui manque encore une étincelle pour aller au bout.


























